Carême 2026 : Quand s'émerveiller devient un acte de Foi

Le monde dans lequel nous avançons est souvent rude et éprouvant. Il peut nous essouffler, nous inquiéter, parfois nous décourager. Plus que jamais, nous avons besoin de souffle, de confiance, et d’une espérance qui nous fasse tenir debout.

 Christian Bobin nous rappelle avec justesse : « S’émerveiller, c’est résister. »
S’émerveiller ne signifie pas fermer les yeux sur la réalité ni en nier la dureté. C’est choisir, au cœur même de ce qui blesse, de porter un regard attentif sur ce qui demeure vivant, sur ce qui nous relie les uns aux autres, sur ce qui fait encore humanité.

Le temps du carême nous est donné comme un chemin. Un chemin pour nous ouvrir, pas à pas, à l’inconnu. Un chemin pour nous laisser déplacer, pour oser la rencontre et marcher les uns vers les autres. Il nous invite à continuer d’agir sans nous endurcir, à regarder le monde avec lucidité, sans détourner les yeux, tout en gardant ce regard capable de s’émerveiller, ce regard qui nourrit le sens de notre engagement.

S’émerveiller, c’est accueillir l’autre tel qu’il est, se laisser surprendre par sa présence, apprendre à le connaître au-delà de nos peurs et de nos certitudes. Dans un monde blessé, cette capacité d’émerveillement est déjà une résistance silencieuse mais féconde. Et lorsque nous persévérons ensemble dans l’engagement, cette résistance devient espérance active, une espérance qui se construit jour après jour.

C’est cette espérance que nous sommes appelés à accueillir au plus profond de nous, pour entendre l’appel qui nous est adressé : « Réjouis-toi !».
Qu’elle nous accompagne tout au long de ce temps de carême.

Bon et beau temps de carême à chacune et chacun.

Soeur Mireille Ahossi op
Directrice du Pèlerinage de la région Poitou Vendée Loir-et-Cher